Quand je dis « réviseure linguistique », qu’est-ce qui te vient à l’esprit? Quelqu’un qui relit ton texte et qui corrige les fautes? Eh bien détrompe-toi, une réviseure, c’est bien plus que ça! (Mais oui, bien sûr, on corrige aussi les fautes 😉)
Peut-être qu’en ce moment tu confies la relecture de tes textes à ta belle-sœur qui a toujours été bonne en français – et je suis sûre qu’elle fait une bonne job –, mais je t’assure qu’une réviseure professionnelle a beaucoup plus à t’offrir!
Alors, c’est quoi le travail d’une réviseure? C’est de faire ressortir tout le potentiel de ton texte, selon tes besoins. En gros, voici ce que ça couvre :
1. Corriger les fautes
Bon, c’est évident et c’est pas pour rien que c’est ce à quoi on pense spontanément quand on dit « révision ». Personne ne veut un texte truffé de fautes. On s’assure d’abord que le texte soit exempt de fautes d’orthographe, de coquilles et d’erreurs grammaticales et de syntaxe. La base, quoi!
On s’assure que le texte est conforme à la norme prescrite, mais on peut aussi se laisser une marge de manœuvre, selon le style et le ton du texte ainsi que le public cible. Tu remarqueras par exemple dans cet article que j’utilise pas trop la négation formelle (ne… pas) et que je m’autorise des anglicismes. Simple question de style!
2. S’assurer que le message est clair
Si t’écris un texte qui est destiné à être diffusé, c’est que tu as quelque chose à communiquer. Avant toute chose, une réviseure va s’assurer de bien comprendre quel est le message à passer. Des fois, on se laisser emporter par l’inspiration du moment, les mots coulent sur la plage comme un ruisseau au printemps, et on perd de vue notre intention initiale. C’est peut-être ben beau ce que t’as écrit, mais une réviseure va s’assurer que ça répond aussi au besoin de communication derrière ton texte.
3. Adapter le message au public cible
Ici, on fait du pouce sur l’idée de véhiculer un message clair : c’est bien beau que ton texte soit clair pour toi et moi, mais est-ce qu’il l’est pour la personne à qui il est destiné? Si tu travailles pour une OBNL qui offre des services aux nouveaux arrivants, il y a des bonnes chances que leurs besoins en termes de clarté soient différents des nôtres.
Mais s’adapter au public cible, c’est aussi une question de ton et de style. Si tu vends des voyages dans le Sud, tu ne t’adresseras pas à ton public de la même manière que si tu veux promouvoir ton salon funéraire… Comme réviseure, c’est mon travail de me mettre dans la peau de la personne à qui s’adresse ton texte, de soulever là où ça pourrait accrocher et de proposer des reformulations.
4. Vérifier l’exactitude des informations
Une erreur de frappe dans une statistique, une mauvaise date, un nom de famille mal orthographié… C’est le genre de chose qui peut facilement passer sous le radar quand on soumet son texte à une simple relecture. En tant que réviseure chevronnée, c’est le genre d’info dans un texte que je soumets à un fact checking.
Je ne doute de l’expertise de la personne qui a rédigé le texte, ce sont des choses qui peuvent arriver à n’importe qui pour tout un tas de raisons. Par contre, ce genre d’erreur peut miner la crédibilité de la personne auprès de son lectorat. Mon travail, c’est donc aussi de soutenir ton expertise et ta crédibilité.
5. Assurer la cohérence du texte
Assurer la cohérence d’un texte, ça comprend trois points. Le premier : vérifier la cohérence linguistique, c’est-à-dire veiller à ce qu’on utilise tout au long du texte la même orthographe, la même casse (majuscule ou minuscule) et la même mise en forme pour les mots ou groupes de mots de même catégorie. Je te donne un exemple avec des acronymes :
ONU
Unesco
M.E.L.S.
VS
ONU
UNESCO
MELS
Qu’est-ce qui est le plus facile à décoder pour tes yeux? La colonne de droite, right? Les trois façons d’écrire des acronymes à gauche sont correctes, le problème n’est pas là. On doit simplement faire un choix et s’y tenir. La cohérence, c’est reposant. Pis tu veux surtout pas que ton texte fatigue ton lecteur!
C’est le même principe pour le deuxième point : on s’assure qu’on s’adresse au lecteur de la même façon tout au long du texte – c’est « tu » ou c’est « vous » – et on s’assure que le ton reste le même. Passer d’un ton formel à un ton super familier, ça porte à confusion et ça détourne l’attention de ton message.
Troisième point : vérifier la cohérence de mise en page. Là, on parle de cohérence dans la façon de présenter le texte. On s’assure que la mise en forme des titres, sous-titres et paragraphe est claire et uniforme tout au long du texte. Même chose pour les marges, les interlignes, les notes de bas de page, la présentation des graphiques et tableau, etc. On revient à la question de la clarté : un texte cohérent, c’est un texte plus clair.
BONUS : Un petit plus qui fait la différence
Bon, je crois que mon message est clair, mais il y a un dernier petit point sur lequel j’aimerais attirer ton attention. J’ai nommé ici « la révision meets le graphisme ».
Ce que je veux dire par là, c’est qu’une réviseure peut t’aider à t’assurer que ton message est non seulement visuellement clair, mais aussi attrayant pour l’œil. Ça s’applique surtout aux textes à forte composante visuelle (publicité, page couverture, bannière, etc.), mais n’importe quel type de texte peut bénéficier de ce petit soin supplémentaire.
« Ok, mais justement, c’est pas ma graphiste qui s’occupe de ça? ». Oui, dans une grande mesure. Mais l’œil affûté d’une réviseure peut cibler des petits détails qui accrochent dans la disposition des mots. C’est ce je-ne-sais quoi qui donne une touche plus professionnelle à un texte et le rend plus plaisant à ton oeil.
Pour être honnête, je ne sais pas si toutes les réviseures font ça, mais personnellement, c’est mon dada!